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H 0 Cancers et pilules : réponses des CNGOF, FNCGM et SFG aux déclarations du CIRC.

Gynécologie-Obstétrique-Fertilité

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p. 92-93

02/2006

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Le Centre International de la Recherche contre le Cancer (CIRC) a déclenché cet été [1] une vive émotion en annonçant que les pilules contraceptives estroprogestatives devaient être officiellement considérées comme des substances cancérogènes.

Les représentants du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale (FNCGM) et de la Société Française de Gynécologie (SFG) craignant une lecture caricaturale des données scientifiques rappelées par le CIRC, tiennent à faire la déclaration suivante :

Face à l'augmentation des cancers du sein sous pilule relevée par les travaux du CIRC, les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG soulignent que celle-ci est faible et que ce risque disparaît dix ans après la fin de l'utilisation de cette contraception. Il faut dire que le risque d'avoir un cancer du sein est plus élevé, si on vit dans un pays à haut niveau économique comme le nôtre, et probablement si on n'a pas d'enfant ou si on a des enfants après 30 ans.

S'agissant de l'augmentation du risque du cancer du col de l'utérus, les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG rappellent que ce dernier est surtout un cancer sexuellement transmissible, lié à la présence de certains papillomavirus humains (HPV) potentiellement cancérogènes, même si les hormones peuvent jouer un rôle de promotion dans son évolution. Ils insistent enfin sur le fait que la vie sexuelle, le nombre de partenaires et le tabagisme sont des facteurs directement à l'origine d'une augmentation du risque de cancer du col de l'utérus.
Une augmentation significativement plus importante que celle pouvant être associée à la prise de pilule.

Les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG estiment que les risques cancérogènes des pilules, certes réels mais assez faibles, doivent être mis en balance avec les avantages de la contraception orale :

* Diminution de moitié du taux de cancer de l'endomètre (qui est le deuxième cancer génital chez la femme, soit 4500 cas par an en France),
* Diminution de moitié du taux de cancer de l'ovaire (3100 cas par an),
* Peut-être diminution du cancer colo-rectal,
* Espacement des naissances et donc des pathologies liées à la grossesse et à l'accouchement (hypertension, diabète, hémorragies, accidents thrombo-emboliques…).
Cet avantage est d'autant plus précieux dans les pays en développement que 8 femmes sur 1000 y meurent en donnant la vie.
* Il faut encore compter avec la diminution des grossesses extra-utérines, des fausses-couches, des interruptions volontaires de grossesse (IVG) et de leurs conséquences…
* Enfin, le fait d'arrêter la pilule priverait les femmes de plusieurs avantages (espacement des naissances, examens systématiques et dépistages faits à l'occasion de la prescription de celle-ci…).

Français

PILULE ; RISQUE ; CANCER ; CANCER DU COL DE L'UTERUS ; CANCER DU SEIN ; OVAIRE ; UTERUS ; EFFET SECONDAIRE ; EFFET BENEFIQUE ; MALADIE CARDIOVASCULAIRE ; MALADIE THROMBO-EMBOLIQUE ; GYNECOLOGIE ; SUIVI GYNECOLOGIQUE ; ETUDE ; OPINION

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