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Article

H 0 La construction sexuée des risques familiaux.

CARDI Coline

Politiques sociales et familiales - CAF

101

p. 5-17

09/2010

P 218

20532

À partir d’enquêtes menées dans des dispositifs anciens et nouveaux de l’action sociale en direction des familles (la justice des mineurs, un centre maternel et une association de thérapie familiale), et qui agissent en référence aux risques familiaux dans une logique de protection de l’enfance, il s’agit de mesurer la façon dont les interventions sociales en direction des familles sont traversées par les rapports entre les hommes et les femmes. Si l’on assiste aujourd’hui à un processus d’individualisation marqué par une autonomisation des individus par rapport aux rôles familiaux traditionnels, ce processus a un coût et ce coût mérite d’être pensé à l’aune de la différence de sexe. Surreprésentées d’un point de vue statistique, les mères sont, en effet, la cible et le levier des interventions, qu’il s’agisse de traiter, de repérer ou de prévenir des situations familiales jugées dangereuses ou à risques – dont elles sont souvent considérées comme responsables. En outre, l’analyse des discours et des pratiques fait apparaître combien l’ordre familial, et au-delà l’ordre social, reste pensé en lien avec l’« ordre de genre ». En empruntant au registre psychologique, les professionnels de l’enfance en (risque de) danger reproduisent, sous des formes renouvelées, les schèmes du familialisme et une vision traditionnelle des rôles de sexe. La dimension sexuée des politiques et des interventions sociales apparaît ainsi nettement, et, au-delà, le caractère « genré » de la régulation dans ces liens étroits qui unissent la question sociale à la question familiale.

Français

FAMILLE ; TRAVAILLEUR SOCIAL ; AIDE SOCIALE ; MÈRE ; EGALITE FEMME HOMME ; GENRE ; REPRESENTATION ; ROLE FEMININ-MASCULIN ; STÉRÉOTYPE ; ENFANT ; CULPABILISATION ; RELATION MERE-ENFANT ; FRANCE

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