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Article

H 0 Contraception orale et infarctus du myocarde. Analyse d'un article médical.

SFERLAZZO Karine

Gyn. Obs.

449

p. 16-17

01/12/2001

P 67

8623

L'étude MICA est une étude rétrospective sur la relation potentielle entre les décès par infarctus du myocarde et l'utilisation d'une contraception orale.
Les patientes incluses dans cette étude étaient des femmes âgées de 16 à 44 ans ayant présenté un infarctus du myocarde (suivi ou non de décès) entre 1993 et 1995. Étaient exclues les femmes enceintes, ménopausées, hystérectomisées, ovariectomisées, ou celles présentant un antécédent personnel d'infarctus du myocarde, de cancer du sein ou de cancer de l'ovaire. Le diagnostic d'infarctus du myocarde devait être confirmé par trois cardiologues et, pour les patientes décédées avant leur admission hospitalière, établi par l'autopsie (la patiente était sinon exclue de l'étude).
Les femmes étaient divisées en deux groupes: les « survivantes », dont le délai de survie était d'au moins 28 jours après l'infarctus du myocarde, et les « décédées », dont le délai de survie était de moins de 28 jours par rapport à l'épisode aigu. Les données étaient recueillies par interrogatoire : utilisation d'une contraception orale dans l'année précédant l'infarctus, tension artérielle, tabagisme dans l'année précédant l'infarctus, antécédents familiaux de pathologie coronarienne.
Au total, 110 patientes décédées et 422 patientes vivantes ont été comparées.
D'après les auteurs, il existerait une augmentation des décès par infarctus du myocarde chez les patientes dont la contraception orale était représentée par des pilules de deuxième génération (versus troisième génération) avec un odds ratio de 3,21 (1,51-6,86). Les auteurs précisent que leurs résultats sont
exprimés sans tenir compte de l'exposition des patientes à d'autres facteurs de risque vasculaire tels que le tabac. L'existence d'un diabète sucré da jamais été prise en compte en tant que facteur de risque. Enfin, pour environ les trois quarts des patientes de chaque catégorie, aucun renseignement n'est disponible sur l'existence d'antécédents familiaux de maladies coronariennes prématurées.
Les données concernant les femmes décédées étaient moins nombreuses et sont probablement une source de biais. Les auteurs élaborent des hypothèses extrêmes pour pallier ces biais et recalculent les statistiques ; toutes les femmes pour lesquelles les informations manquent:
- prenaient des pilules de deuxième génération;
- prenaient des pilules de troisième génération. Dans les deux scénarios, les pilules de deuxième génération augmentaient le risque d'infarctus mortel de 2,47 à 3,39. En revanche, si seules les femmes exposées à une contraception orale étaient prises en compte, alors la surmortalité par infarctus du myocarde disparaissait, quelle que soit l'exposition (à une pilule de deuxième ou de troisième génération).

Français

PILULE ; RISQUE ; MALADIE CARDIOVASCULAIRE ; FRANCE

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